Victor Derouet, responsable de secteur chez Elior

« Au-delà d’une obligation de marché, c’est une aventure humaine avant tout »

Un projet de restauration construit avec des acteurs de l’insertion

« Depuis six mois, nous travaillons avec des entreprises de l’ESS dans deux domaines très concrets : le nettoyage et la restauration alimentaire, notamment en cuisine et en plonge. Dans le cadre du marché de restauration de Pulse (Nouveau site central du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis) remporté par Elior, nous avons constitué un groupement avec des co-traitants issus de l’insertion, parce que le volet social représentait un enjeu majeur, à la fois pour le Département et pour nous.

Quatre partenaires pour faire vivre l’insertion au quotidien

Sur ce projet, nous travaillons actuellement avec quatre structures d’insertion : Solenciel, ESAT Pleyel, UCAD et Les Relais Solidaires. Ce qui compte pour nous, ce n’est pas seulement leur présence dans le dispositif, c’est leur capacité à contribuer réellement au fonctionnement du site. Ces structures apportent des compétences utiles, dans des métiers exigeants, tout en portant un impact social fort.

Une coopération exigeante, mais très formatrice

Travailler avec ces structures présente de nombreux avantages. Il y a d’abord la fierté de réussir à les intégrer dans un projet d’envergure comme l’ouverture de Pulse. Cela demande d’adapter le management et l’organisation du travail au quotidien, afin de permettre à chacun de progresser et de donner le meilleur de lui-même. Cette démarche est cohérente avec l’engagement plus large d’Elior en faveur de l’inclusion et de l’égalité des chances.

Prouver que l’insertion a sa place sur un grand site

Concernant la restauration, cette expérience nous a permis de vérifier, sur un grand restaurant comme celui de Pulse, que l’intégration d’entreprises d’insertion était viable et fonctionnait. Cela nous a conduits à ouvrir d’autres marchés en y intégrant l’insertion, en complément de nos offres habituelles. C’est sans doute l’un des enseignements les plus utiles : l’insertion n’est pas un sujet à part. Elle peut prendre sa place dans une organisation exigeante, sur un site important, avec un vrai niveau d’attente en matière de qualité de service.

Des effets visibles sur les équipes et sur le management

J’ai pu constater des impacts positifs très concrets, notamment sur l’entraide dans mes équipes. Selon les difficultés de chacun, nous essayons de faire progresser chaque collaborateur. Cela a créé une relation de confiance entre des équipes aux parcours très différents. Mes responsables ont aussi dû adapter leur management, être davantage à l’écoute et accompagner autrement. Cette qualité d’attention est indispensable quand on travaille avec des entreprises d’insertion.

Commencer par l’accueil et l’accompagnement

À un acheteur qui hésite encore, je dirais qu’au-delà d’une obligation de marché ou de contrat, c’est une aventure humaine avant tout. Cela permet de collaborer avec des personnes extérieures à son entreprise, d’apprendre à se connaître au fil du travail, de faire évoluer les mentalités et, plus largement, le marché du travail. Pour démarrer, il faut organiser une visite préalable avec les collaborateurs et leurs tuteurs, leur faire découvrir leur futur environnement de travail, préparer les équipes à leur arrivée, puis sécuriser les premières semaines grâce à un accompagnement étroit. Ensuite, il faut avancer progressivement vers davantage d’autonomie. C’est comme cela que la coopération prend vraiment corps.

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