Stratégie nationale de développement de l'ESS : une dissonance entre les paroles et les actes

Aujourd'hui, réunis en Conseil supérieur de l'ESS, les acteurs de l'Économie Sociale et Solidaire, les collectivités territoriales via l'AMF, Régions de France et le RTES ainsi que les partenaires sociaux ont fait un choix fort : s'abstenir sur le texte de la Stratégie nationale de développement de l'ESS.
Le résultat du vote parle de lui-même : 42 abstentions des acteurs de l'ESS, des collectivités, des personnalités qualifiées et des partenaires sociaux, 8 voix pour, celles de l'État.
La stratégie est donc adoptée.
Quelle est la raison de notre abstention ?
La stratégie est le fruit de longs mois de travail et elle affiche des ambitions réelles pour le développement de l’ESS. Mais les signaux budgétaires envoyés par le gouvernement disent l'inverse :
- Transferts de charges massifs vers les mutuelles
- Reculs sur la transition écologique
- Fin de l'exonération de taxe d'apprentissage pour les organisations non lucratives
- Sous-financement chronique de la santé et des solidarités
- Fragilisation des secteurs culturels, de la formation, de l'éducation
- Baisse des lignes ESS à Bercy
Comme le rappelle le communiqué d’ESS France : « On ne cultive pas un jardin sans eau. »
L'ESS a une culture de la frugalité. Mais une stratégie sans moyens n'est pas une stratégie : c'est une déclaration d'intention. Sur le terrain, les entreprises et organisations de l'ESS sont plus sollicitées que jamais, et répètent : « ça ne tient plus ».