SASER26 : Témoignage de Kelly Delhomel, acheteuse à l’Université Picardie Jules Verne

« Le sourcing est la clé pour rendre un marché vraiment accessible aux entreprises de l’ESS »

Retour d’expérience de Kelly Delhomel, acheteuse à l’Université Picardie Jules Verne.

Le sourcing comme point de départ d’un marché accessible à l’ESS

« Depuis environ six mois, nous travaillons avec des entreprises de l’ESS sur des prestations traiteur. À l’Université Picardie Jules Verne, nous avons cherché à faire de nos achats responsables une démarche concrète. Cela a commencé par une vraie phase de sourcing : rencontrer les structures, comprendre leurs capacités, leurs contraintes de production et de livraison, puis adapter notre cahier des charges. Sur le marché traiteur de l’université, cette logique s’est traduite par un allotissement fin et par un lot réservé pour les plateaux repas et formules sandwichs/salades dans la Somme, en complément d’autres lots couvrant des besoins différents, jusqu’aux événements de plus de 150 convives. » 

Une offre traiteur plus variée, locale et socialement utile

« Ce travail nous a permis de développer nos achats responsables, mais aussi d’obtenir une offre plus variée, avec plusieurs titulaires selon les besoins, tout en renforçant notre ancrage local. Le lot réservé a été attribué à Les Ateliers de l’Îlot, une structure d’insertion implantée à Amiens, active notamment dans le traiteur, la restauration collective et les plateaux repas. Ce type de collaboration montre qu’il est possible de concilier qualité de service, mise en concurrence et utilité sociale. » 

Un CCTP pertinent se construit avec les acteurs du territoire

« Ce que cette expérience a changé dans notre approche achats, c’est la place donnée au sourcing en amont. On ne peut pas rédiger un Cahier des clauses techniques particulières (CCTP) pertinent sans avoir échangé avec les acteurs capables d’y répondre. C’est ce dialogue qui permet d’ajuster le nombre de convives, les horaires, les conditions de livraison ou le niveau d’exigence, pour construire un besoin achetable. Dès que c’est pertinent, nous referons donc des marchés réservés. »

Rencontrer les entreprises de l’ESS pour passer du principe à l’action

« Pour un acheteur qui hésite encore, je dirais une chose simple : commencez par rencontrer les entreprises de l’ESS de votre territoire. Le premier levier, ce n’est pas le discours, c’est la connaissance de l’offre. À partir du moment où l’on identifie les bons segments d’achats et où l’on adapte le marché aux réalités opérationnelles, les entreprises de l’ESS apportent des solutions concrètes. Les effets sont réels : soutien à l’emploi local, image positive des achats en interne, et cohérence renforcée entre stratégie achats et engagements de l’établissement. »

 

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