Le mot du Président

Roger Belot

Comme l'on pouvait s'y attendre, cette rentrée 2017 a été riche en émotions pour l'ESS : après la nomination de Nicolas Hulot au poste de Ministre de la Transition Ecologique et Solidaire en charge de l'économie sociale et solidaire, les différents acteurs de l'ESS ont appris avec un certain soulagement la nomination de Christophe Itier au poste de Haut-Commissaire à l'économie sociale et solidaire et à l'innovation sociale.

Si cette nomination a de quoi satisfaire une part de nos attentes, elle succède malheureusement à une décision gouvernementale bien moins rassurante : la diminution d'une partie des contrats aidés, passant de 460 000 contrats aidés en 2016, on passerait à 320 000 en 2017 puis à 200 000 en 2018. Annoncées durant l'été et prises sans concertation préalable des organismes concernés, ces décisions auront (et ont déjà) des effets négatifs sur l'emploi dans plusieurs secteurs.

Particulièrement employé dans le milieu associatif, ce type de contrat représente pour les bénéficiaires une opportunité de s'en sortir après souvent des années d'éloignement de l'emploi, d'isolement voire de désespoir. C'est un chemin qui s'ouvre pour eux vers l'insertion professionnelle, mais aussi l'intégration sociale, la confiance en soi, la dignité humaine. On retrouve ces contrats de travail dans différents secteurs, notamment le social et le médico-social, le sport et la culture. Ils contribuent à une politique sociale et d'inclusion, ils permettent aux bénéficiaires de trouver un emploi durable grâce à la formation et à l'accompagnement dont ils bénéficient.

ESS France et ses membres, qui soutiennent les initiatives prises notamment par Le Mouvement associatif, l'UDES, le MOUVES et le MES, souhaitent qu'une concertation s'engage sans délai avec le gouvernement. Pour être efficace, elle ne doit pas être mise à mal par des mesures d'exécution immédiates et difficilement réversibles. À défaut, ceci aurait un impact négatif sur la politique d'inclusion et de cohésion sociale voulue par les pouvoirs publics.

ESS France exprime la solidarité de l'ensemble de l'ESS vis-à-vis des associations et des acteurs concernés.

Roger BELOT

Président d’ESS France

La Chambre française de l’économie sociale et solidaire

 

Portrait de Roger Belot